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Visiblement, ces temps-ci, les mères imparfaites (ou indignes) font parler d’elles ces temps-ci. Entre les joyeuses manifestations imparfaites du quotidien de certaines, le ton caustique (et ironique) que d’autres prennent pour se vider le coeur en sirotant un gin tonic ou un petit verre de rosé ou la réaction empreinte de suffisance (pourrait-on dire une réaction “pincée”?) de celles qui, elles, trouvent leur salut dans la maternité, les mères indignes ne laissent visiblement plus personne indifférent.

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Dimanche soir. Post-transition. Chum/papa et moi faisons le “débriefing” de notre semaine avec les enfants. J’essaie de garder mon calme, d’être objective, mais je suis fatiguée, irritable, négative, juste pas bien. Je ne sais pas ce qu’il a dit, mais à un moment donné, j’ai éclaté en sanglots et entre deux sanglots, j’ai réussi à dire: “Mais je ne serai JAMAIS une figure de mère comme dans les livres! Et même si j’appliquais tout ce que qu’ils disent, les livres, ça ne marcherait pas  parfaitement et comme par magie!”

Chum/papa répète pour la énième fois que je me mets beaucoup trop de pression avec ça. “Oui, mais ÇA, comme tu dis, ce sont LES enfants!” J’avoue qu’il a raison de dire que j’exagère quand je visualise BF aîné, devenu adulte, couché sur un divan de psychanalyste et racontant qu’il a été marqué par sa marâtre qui s’est emportée contre lui, un dimanche fin novembre, parce qu’il faisait quelque chose d’interdit pour la troisième fois dans le même quart d’heure.

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Alors où est-ce que je me situe là-dedans? Je suis une (genre de, parce que même-pas-vraie) mère imparfaite qui fait tranquillement, à pas de tortue, le deuil de la mère parfaite. Parce que oui, je fais des biscuits avec eux, je leur monte le sapin de Noël, je leur fais de gros câlins “t’es mon prisonnier!”. Mais oui, aussi, j’atteins des sommets de décibels (“LÀ, TU T’ASSEOIS ET TU TE TAIS!”), quand, après être restée ferme, mais calme, pendant deux, trois, vingt interventions de discipline, BF aîné fait remarquer à son cadet que “Na na-na na naaa-naaa, moi j’ai ça pis toi t’en as pas.” (Ça, ça m’énerve!)

Chum/papa (qui a toujours la phrase pour détendre l’atmosphère): “Tu sais, même Matthieu Ricard pognerait les nerfs après eux, par moments.”

Cette confrontation entre mères dignes ou indignes est un faux débat. J’ai plutôt l’impression que dans chaque mère indigne, il y a une volonté d’être une mère parfaite, une bonne dose de culpabilité et un gros, gros constat d’impuissance qu’on tourne à la blague de manière corsée et dans chaque mère digne, il y a une volonté d’être une mère parfaite, un soupçon de négation et un faux sentiment de sécurité quand elle se compare à l’autre.

M… c’est dur, élever des enfants. Est-ce qu’on peut au moins s’entendre là-dessus et arrêter de se critiquer l’une l’autre?

Chum/papa est passé maître dans l’art de cette supercherie.

Cette semaine, on a dit à BF aîné qu’on monterait le sapin de Noël cette fin de semaine chez nous.

(Petite parenthèse. “C’est ben tôt”, vous allez me dire! Mais si on pense au fait que les enfants ne passent que la moitié du temps avec nous, ça veut dire que pour notre famille, c’est environ le 15 décembre! Vous me suivez? Si on veut qu’ils en profitent un peu, compte tenu du fait qu’on va aussi chez Papi et Mamie pour le congé des Fêtes, il est tout à fait raisonnable de le monter demain. Et de mettre de la musique de Noël en plus. On n’est même pas en décembre. C’est raisonnable et ridicule en même temps.)

BF aîné voulait monter le sapin tout de suite, lire le livre d’Olivia de Noël tout de suite, voulait tout, tout de suite. Sauf se coucher. Ça, il ne voulait pas tout de suite. Surtout pas.

Alors j’ai fait un clin d’oeil à Chum/papa et j’ai discrètement pris le combiné du téléphone sans fil. Dring! Le cellulaire de Chum/papa se met à sonner.

Chum/papa: Oui, allô? [...] Ah! C’est vous, père Noël! Merci de nous appeler, vous devez être bien occupé! [...] Ah! vous avez des choses à nous dire? [...] Les cadeaux ne vont qu’aux enfants sages? Mais c’est quoi, être sage, père Noël? [...] [...] (C’est long à expliquer!) Oui [...]Hum hum… [...] Alors si je comprends bien, le sommeil des enfants, c’est important? [...] Et Olivia, on le lit juste quand le sapin est monté? [...] C’est parfait, père Noël! [...] Oui, c’est ça! [...] À bientôt! Au revoir!

Même moi, je suis presque dupe. Les yeux de BF aîné étaient ronds comme des billes.

Soudain, il s’est contenté d’un autre livre avant le dodo.

Je suis célèbre!

Ça y est, j’ai eu mes quinze secondes de gloire sur Twitter. Même Andy Warhol serait jaloux.

Les dessous des mamans blogueuses, l’article qui est paru dans Enfants Québec (et sur le dos duquel j’avoue avoir cassé un peu de sucre plus tôt cet automne) est maintenant sur le Web.

Il a été twitté par de nombreuses twitteuses célèbres qui ont elles-mêmes des milliers de followers (ah! oui, c’est vrai, on peut dire “abonnés” maintenant, avec la nouvelle interface française de Twitter).

C’est peut-être pour ça qu’aujourd’hui, quelqu’un a atterri sur mon blogue en tapant dans un moteur de recherche les mots “qui a écrit la maratre joyeuse?”. On cherche à me démasquer. Ça y est, j’ai peur de rentrer chez moi.

Les paparazzi m’attendent peut-être à la sortie du bureau. Je vais passer par la sortie de secours.

Oups, je viens de le dire.

Le (dernier?) tabou

J’ai beaucoup aimé l’authenticité de ce billet de Maman Rousse publié hier: Le dernier tabou. Courez le lire!

Oui, parfois, les enfants sont insupportables. Mais on les aime. Mais ils sont insupportables. Mais on les aime.

Évidemment, ce n’est pas la maman parfaite de Caillou qui dirait ça…

Quand j’habitais dans mon petit appartement, j’avais découvert une super belle boutique de tricot rue St-Jacques et, n’écoutant que mon enthousiasme débordant (et pas mon sens critique qui m’aurait dit “bah… as-tu vraiment le temps et/ou le talent de te lancer là-dedans?) j’ai pris un cours pour réapprendre à tricoter et j’ai acheté plein de belle laine colorée.

Un an plus tard, j’ai fini un foulard tricoté de cette laine.

Un an plus tard, oui. En matière de “faire quelque chose de beau avec mes dix doigts”, je suis vraiment pas très douée. Même si Amie-qui-a-toujours-raison est convaincue que mon salut passera un jour ou l’autre par le scrapbooking (j’exagère!), je suis franchement nulle. Au chapitre des savoirs-faire traditionnellement féminins, mon dada à moi, c’est la cuisine.

Mais reste que j’aime tricoter. Cela me permet de décrocher.

Bref, je suis très fière de mon chef-d’oeuvre “40 mailles un rang endroit un rang envers avec une lisière de trois mailles X 1 m de long”. Entre temps, j’ai tricoté un autre foulard (grosse laine, 12 mailles, aiguilles 10 mm) que je vais offrir à ma nièce ado pour Noël et maintenant, je me lance dans un tout nouveau défi.

Laine d’alpaga d’un beau vert pomme, 24 mailles et… 2 mailles endroit 2 mailles envers. Vous ne comprenez pas, je me surpasse! C’est relever un défi facile pour d’autres, mais difficile pour moi; c’est aller au-delà de mes limites, c’est refaire le monde une maille à la fois…

… et qu’est-ce que BF aîné trouve à dire là-dessus? (parce que pour qui refait-on le monde si ce n’est pour nos enfants?)

- Tu tricotes un foulard? Mais tu viens d’en tricoter un!

Je l’aime, une chance.

J’ai lu dans l’avant-propos d’un de ses livres que Dre Nadia, psychologue à domicile, (oui oui, la vraie Dre Nadia!) est une belle-mère!

Je n’écoute pas son émission (parce que je n’écoute pas beaucoup de télé), mais je sais qu’on en dit beaucoup de bien, de même que de ses chroniques.

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Devinez quoi? La pulpeuse foodie britannique Nigella Lawson en est une aussi! C’est ce que j’ai appris sur le blogue Stepmother’s milk il y a quelque temps.

Pourquoi en parler? Pour rien.

Peut-être juste parce que, pour moi, Nigella Lawson est un modèle de sensualité. Non mais regardez-la! Et elle cuisine à merveille en plus!

Mais aussi parce que j’ai déniché une émission de radio où elle parle justement de ce que faisais hier, cuisiner avec les enfants.

(Bon, d’accord, j’avoue que j’en parle un peu parce que le fait qu’elle soit elle aussi une stepmom me donne un point en commun avec elle, à part que le fait j’essaie de cuisine et que j’essaie d’avoir l’air sensuelle. À mes heures.)

Il y a des recettes plus faciles à reproduire que d’autres. Celle des muffins aux bananes, par exemple, est beaucoup plus facile à reproduire que celle de la “soirée-de-semaine-où-j’ai-réussi-à-faire-des-muffins-aux-bananes-et-réparer-des-craques-en-vue-de-la-peinture-dans-la-chambre-des-petits-qui-étaient-couchés-à-vingt-heures”. Celle-là, je ne sais pas comment j’ai fait. J’essayerais de la refaire et ça ne marcherait pas.

Muffins aux bananes faits avec les enfants

  • 1/2 t de beurre ou de margarine
  • 3/4 t de sucre ou de cassonade ou  1/2 de sirop d’érable
  • 2 oeufs
  • 1 c. à thé d’essence de vanille
  • 2 bananes écrapoues
  • 2 t de farine (ça peut être un mélange de farine tout usage, blé entier, graine de lin moulu, etc)
  • 1 c. à thé de poudre à pâte
  • 1/2 t de noix

Un grand bol. Une mixette. Une cuillère de bois. Deux assistants.

Marche à suivre

  • Mettre le beurre dans un bol; donner une cuillère au plus jeune pour qu’il le “mélange bien”.
  • Faire mesurer le sucre par le plus vieux, une cuillerée à la fois.
  • Installer une chaise près du comptoir où est branchée la mixette.
  • Mélanger le sucre et le beurre. Faire mixer le mélange par le plus jeune. “Tout seul!” “Euh… non, pas tout seul, chéri.”
  • Pendant ce temps, faire mesurer la farine au plus vieux. Mettre subtilement la poudre à pâte dans la tasse à mesurer pendant qu’il s’applique.
  • Laisser le plus jeune casser les oeufs. Accepter qu’il y en ait partout. De la coquille dans le mélange et du blanc d’oeil dans les mains. Ajouter la vanille.
  • Demander au plus vieux d’ajouter les bananes écrapoues. Le laisser mixer parce que “C’est mon tour, bon!”
  • Détacher les batteurs de la mixette et céder à leur demande de lécher lesdits batteurs. (“Non, c’est pas aussi bon que le mélange à gâteau au chocolat”.)
  • Incorporer la farine à la cuillère de bois avec le plus vieux. “Il faut mélanger jusqu’à temps qu’on ne voit plus la farine, c’est ça?”
  • Pendant ce temps, mettre les noix dans un sac à fermeture zip et offrir au plus jeune de passer le rouleau à pâtisserie dessus pour en faire de petits morceaux.
  • Verser dans des moules à muffins ou dans un moule à pain.
  • Laisser les assistants prendre le reste du mélange avec leurs doigts. Envoyer les assistants au bain.
  • Cuire à 350F pendant le bain et l’histoire (environ 35 minutes).

Cette recette est “inratable”, je la fais depuis des années avec de multiples variantes d’ingrédients et de marche à suivre.

“J’aurais besoin d’une photo de votre famille pour faire un bricolage avec le groupe des [Insectes] la semaine prochaine. Merci, [Éducatrice].”

Petit message dans le panier de BF cadet à la garderie. Petit message qui soulève quelques questions quand on a une famille qui vit dans deux maisons.

  • La seule photo de j’ai trouvée de nous quatre n’était pas très belle. J’ai donc choisi une photo où figure les trois hommes, prise le jour où j’ai fait des biscuits de Noël avec Aîné. Oui, de Noël. L’an dernier.
  • Je me demande si Maman/ex a soumis une photo, elle aussi.
  • Je me demande si l’éducatrice acceptera de faire faire deux bricolages à Cadet: une avec la photo de Maman et l’autre, avec la photo de Papa.
  • Je me demande si les autres petits seront jaloux que Cadet ait le droit de faire deux bricolages.
  • Je me demande pourquoi un simple bricolage à la garderie génère chez moi autant d’inquiétude.

Oh la la. Bon, je vais arrêter de m’en faire, de surprotéger, de chercher à savoir à tout prix, de me sentir coupable de ne pas avoir suivi la consigne à la lettre (c’est quoi, une photo de famille?). Je vais plutôt lâcher prise et m’en remettre au bon jugement de l’éducatrice qui n’en est pas à son premier enfant de famille recomposée.

La même éducatrice qui m’a dit, à la réunion de parents plus tôt cet automne: “Ah! c’est donc toi, [prénom]! Cadet parle tout le temps de toi! Je suis contente que tu sois venue!” Contente-que-je-sois-venue. Moi. Juste la marâtre. Ben oui.

Non, la photo n’est pas parfaite. Non, notre famille n’est pas parfaite-Walt-Disney-sans-histoire non plus. Mais on est une famille, on s’aime et c’est tout ce qui compte. Peu importe ce qu’en dit la petite voix bitch en-dedans de moi. (Tiens, je devrais en parler plus souvent, de la petite voix bitch. Peut-être que ça m’aiderait à mieux la maîtriser).

Samedi matin. Je suis partie à une classe de yoga de bon matin , histoire de me payer le luxe de quelques  “ohm”, pendant que Papa/chum restait à la maison avec les deux tits-hommes. À la fin de la classe, j’ai acheté ce petit livre directement à mon studio (studio de mon nouveau quartier que j’apprivoise tranquillement): Yoganimo, le yoga des enfants. Les deux auteures sont les propriétaires du studio, le livre est bien illustré et même si j’avais peu d’espoir que mes BF deviennent instantanément des yogini dévoués, je l’ai acheté quand même.

Quelle ne fut pas ma surprise de voir l’intérêt qu’il a suscité chez BF aîné!

  • On a regardé le livre ensemble dans le métro en allant faire des courses;
  • On a fait quelques postures ensemble avant d’aller au lit;
  • Il a insisté pour dormir avec le livre (“avec la page ouverte à la page du chasseur, OK?”)

Le chasseur, dans le livre, c’est la posture aussi connue sous le nom de posture du guerrier II (Virabhadrasana II). Vous auriez dû le voir quand il a montré la posture à son papa!

Je lui ai dit qu’on ferait d’autres postures demain.

Avec tous les bienfaits qu’on attribue au yoga pour les enfants, je me demande s’il y a une posture qui favorise l’absorption du brocoli. Ou encore l’absence d’éclaboussure dans le bain. Ou une qui limite les gouttes de lait qui tombent à côté du bol de céréales (ou sur le pyjama).

Pascale Reny, auteure du bouquin Vivre en famille recomposée, dont je vous parlais la semaine dernière, était à la station de radio FM93 (Québec) hier midi.

Le balado de l’émission est disponible à l’adresse suivante.

http://www.fm93.com/playlist_download.php?Id=3&Date=2009.11.10&all=1

Je n’ai pas commencé à lire le livre, parce que Chum/papa et moi, on veut le lire ensemble pour en discuter chapitre par chapitre et il faut que j’attende qu’il finisse son livre de chevet. De belles discussions en perspective.

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