Le sujet me met hors de moi depuis le début. Parlez-en à Chum/papa (qui en a été victime à plusieurs reprises): c’est un sujet sur lequel je peux faire de longs monologues enflammés qui en viennent presque aux larmes.
Et voilà que je tombe sur un billet de Mario Asselin qui fait référence à un article de Cyberpresse qui raconte qu’à la suite d’une étude d’une doctorante (qui, on le découvre, a été elle-même candidate du PQ… allô? transparence?), le PQ a décidé de prendre position pour le retrait pur et simple du cours. (Et pour un raison étrange, l’URL que je saisis dans mon éditeur de blogue nous renvoie à un autre article… Mais là n’est pas la question.)
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Je ne suis certainement pas la bonne personne pour élaborer un avis sensé, objectif, bien argumenté, posé, nuancé sur le sujet, parce que je suis trop impliquée émotivement dans l’affaire. C’est pourquoi j’écris un petit billet de blogue et pas une longue lettre à l’éditeur dans un journal.
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J’ai grandi dans un quartier multiculturel et, pour des considérations pédagogiques plutôt que religieuses, j’ai fréquenté jusqu’en 5e secondaire des écoles qui appartenaient à l’époque à une commission scolaire confessionelle protestante (c’était avant les commissions scolaires linguistiques). Mon école primaire et mon école secondaire regroupaient sous leur toit des enfants d’une centaine de nationalités différentes.
Contrairement à nos amis qui fréquentaient les écoles des commissions scolaires catholiques, nous n’avions pas le choix entre l’enseignement moral et religieux. Nous avions (devinez quoi?) un cours d’enseignement moral ET religieux. Comme aujourd’hui. Et non seulement personne ne s’excitait le poil des jambes avec ça à l’époque, mais je suis fermement convaincue que ce cours a grandement contribué à faire de moi la citoyenne que je suis. Je suis restée québécoise pure laine. Mais parce que j’ai plus de connaissances sur les pratiques religieuses des autres, j’ai développé à la fois une grande ouverture à l’autre et une plus grande certitude de ce que je suis dans mon rapport au sacré.
Je suis très contente d’avoir appris à l’école les rites, les croyances et les pratiques des autres grandes religions, parce que j’ai pu mettre en perspective les rites, les croyances et les pratiques la religion dont je suis issue (ethniquement parlant, parce que même si je suis baptisée, je ne pratique pas le catholicisme). À l’école, j’ai appris que les musulmans doivent se tourner vers la Mecque quand ils prient, que les juifs portent le kippah sur leur tête pour se rappeler que “Dieu est en haut”, que Shiva n’était pas juste une belle statuette dans le studio de yoga, mais surtout le dieu de la destruction et de la réincarnation.
Je ne vois pas de problème à ce que mes BF apprennent ça à leur tour. Au contraire. J’aurais toutefois de grosses démangeaisons éthiques si mes BF apprenaient à l’école, comme Chum/papa avant eux, que Jésus est le sauveur de l’humanité. Juste ça, rien d’autre. Ça, c’est de l’endoctrinement. Qu’on enseigne des croyances comme des faits, sans les mettre en contexte, c’est de l’endoctrinement.
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“Bon, les enfants, c’est le cours de sciences naturelles. Aujourd’hui, on apprend comment la nourriture passe dans notre système digestif.”
“Bon, les enfants, c’est le cours d’enseignement religieux. Aujourd’hui, on apprend que Jésus est mort sur la croix pour racheter vos péchés.”
Me semble qu’il y a quelque chose qui cloche, là-dedans.
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Me semble qu’on a fait preuve de jugement en choisissant que nos enfants apprennent plutôt ceci:
“Bon, les enfants, aujourd’hui on en apprend plus sur une des trois grandes religions monothéistes du monde, le christianisme.”
Et ce, même dans un contexte où, à l’école primaire de St-Profond-des-Creux, à peu près tout le monde est (ethniquement) chrétien. Pourquoi?
Parce que je crois que le rôle de l’école, c’est de faire apprendre des faits. “Jésus est le fils de Dieu et de la Vierge”, ce n’est pas un fait. “Une des croyances fondamentales du christianisme réside dans le fait que Jésus est le fils de Dieu et que sa mère est une vierge nommée Marie”, ça, c’est un fait.
Est-ce qu’on devrait accorder une importance prépondérante à la religion chrétienne? Bien sûr. (Et c’est écrit dans le programme du MELS). De la même façon qu’on accorde une place importante à la géographie canadienne ou à l’histoire du Québec par rapport à celles du monde entier. Mais qu’on évince complètement les faits sur les autres religions (sur la géographie, sur l’histoire) du monde? Non.
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Mais bon. Je pourrais en parler longtemps, mais je vais arrêter ici. Qui sait, j’ai peut-être déjà perdu toutes mes lectrices
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Pas mal d’accord avec toi! Même très d’accord avec toi. J’apprends à mes enfants le respect des valeurs de chacun et le respect des choix de religion. Pour ne pas juger, je crois qu’il faut savoir et ce cours permet de savoir!
Je suis entièrement d’accord avec toi!
Tu touches une de mes cordes sensibles… J’ai demandé de retirer les crucifix de l’école de mon fils, parce que toutes les pièces en contiennent et tient toi bien voici la réponse…
Bonjour Madame
Nos écoles ne sont-elles pas, à l’origine, l’oeuvre des religieux qui aussi ont bâti le Québec? Serait-ce vraiment irrespectueux et discriminant pour quelqu’un d’une autre conviction qu’une croix où qu’un crucifix le rappelle sur la façade d’un établissement ou le mur d’un local.
Vous devez réaliser que la présence de ces symboles religieux ne donne pas à l’école un caractère confessionnel de facto.
Si vous vous sentez brimé, opprimé à la vue d’un symbole religieux, c’est surement que vous avez vécu une expérience traumatisante avec un membre de cette religion. Vous devriez évoluer pour apprendre à accepter.
Je suis d’accord avec toi! Dans ma ville, des parents ont beaucoup brassé de m… avec ce cours là, faisaient des sondages téléphoniques biaisés, passaient dans le journal chaque semaine… J’étais découragée…
J’ai choisi l’enseignement moral dès que ma mère m’a autorisé et j’y ai appris beaucoup sur les autres religions, comme tu le dis bien, de façon théorique et sur le civisme en général. Franchement, c’est un cours ESSENTIEL de nos jours… Même dans mon p’tit bled blanc-catho. Surtout, peut-être!
@Véro: o_O
@Véro Un prof de philo que je côtoie utiliserait bien l’exemple de la lettre dans un de ses cours, car il comporte deux erreurs d’argumentation (qu’on appelle des sophismes): un appel à la tradition (“une chose est valable parce qu’elle est à l’image du passé”) et un argument ad hominem (attaque de la personne et non pas de l’idée). Je ne critique pas leur position en tant que telle (parce que je n’ai pas vraiment d’avis sur la question) mais leur argumentation est un peu faible.
Je peux même lui faxer ou lui en faire une copie et lui envoyer… C’est un document de réflexion écrit par la commission scolaire de Portneuf…Par le comité sur les affaires religieuses.
Il peut communiquer avec moi
vero@boetmiennes.com
P.-S. Je ne vais pas en rester là… C’est à suivre!
Je suis bien d’accord avec toi… j’ai failli hurler quand j’ai entendu, à la radio, qu’on parlait du multiculturalisme comme d’une religion à laquelle on exposait trop les enfants avec ce cours. VOYONS DONC!!! Le multiculturalisme, ça existe autour de nous, il faut s’en rendre compte! Moi, je suis vraiment pour le fait d’apprendre à connaître les différentes cultures et religions. Les enfants peuvent se faire une opinion par eux-même, et en en discutant avec leur famille ensuite. Ca s’appelle apprendre à penser par soi-même et avoir un sens critique…. c’est pas le genre de trucs qu’on devrait apprendre à l’école, ça???
En tant que pur produit de l’école laïque et républicaine à la française (malgré un passage en école catholique privée…), je ne peux que être d’accord avec toi à 100 %. Le multiculturalisme, le métissage, on le vit au quotidien, c’est normal qu’on l’enseigne.
A propos, connaissez vous le site http://www.ethique-et-culture-religieuse.com ?
Je saisis tout à fait ton point, et je suis d’accord. Malgré cela, je crois qu’il ne faut pas mettre toutes les écoles dans le même bain. Je suis allée à une école primaire catholique, et bien qu’il aurait été intéressant d’apprendre sur les autres religions, nos cours de religion comme tels d’avaient rien de l’endoctrinement. Une histoire, sans plus (et certainement rien du style “Jésus est le sauveur de l’humanité”!). Et encore aujourd’hui, bien que je ne me considère plus comme catholique, j’utilise souvent le raisonement “traiter les autres comme on aimerait être traité”, une des grandes leçons de la religion catholique qu’on gagnerait tant à continuer d’enseigner, selon moi.
Enfin, je radotte. Merci d’avoir mis ça à jour, et pour ce qui est de la doctorante, ouf, le biais…