Bedaine et STM

Comme beaucoup de Montréalais, je prends le bus et le métro tous les jours. Alors voici quelques observations en vrac sur mon expérience de fille portant bedon dans les transports en commun.

  • Une fois, alors que je n’avais pas encore de bedon rond, mais que je lisais un livre bien connu sur la maternité, une femme tout émue m’a cédé sa place à la station Jean-Talon. Devant son émotion, moi aussi, je suis devenue tout émue et quand j’y repense, la scène était assez cucul;
  • La plupart des gens assis dans le métro, le matin, sont dans leur bulle et donc, aveugles au ventre proéminent. Ce qui fait vivement réagir d’autres gens, debout, exaspérés ou mal à l’aise, qui se mettent à gigoter sur place, regrettant de ne pas avoir de place assise à céder;
  • Certains (cela m’est arrivée deux fois) vont même jusqu’à sommer une personne assise de céder sa place. Sous le regard un peu “euh… ben là, je n’en demandais pas tant” de la propriétaire de la bedaine. Mais bon, pour éviter d’en rajouter, j’ai pris la place assise quand même;
  • Dans l’autobus à l’heure de pointe, c’est vraiment là où j’aurais besoin de m’asseoir. Pas tellement pour mon confort. Juste pour la sécurité des autres passagers. Parce qu’une femme enceinte incapable de garder son équilibre qui “swingne” au bout du “gugusse de caoutchouc gris” qui sert supposément de “garde-équilibre”, ça peut cause des dommages collatéraux assez graves. Directement proportionnels, en fait, à l’intensité et la fréquence de freinage du chauffeur;
  • Certaines personnes qui cèdent leur place ne vous regardent même pas. La plupart sourient timidement. D’autres engagent la conversation. Les derniers engagent la conversation sur le fait que les autres passagers n’ont même pas cédé leur place avant (où-c’est-que-l’monde-s’en-va-de-nos-jours-les-gens-sont-tellement-mal-élevés);
  • Ce qui est chouette, parfois, c’est que quelqu’un qui me cède la place se voit offrir une place à son tour par quelqu’un qui cède la sienne (ou qui descend du wagon et qui l’offre sciemment à cette personne-là.) Dans ces moments-là, on sent que notre petit bébé commence une petite chaîne de gentillesse et que, finalement, contribue déjà à semer de la bonté tout autour. Ça redonne confiance en l’humanité, l’espace d’une seconde.
  • Une infirmière que je connais bien m’a racontée qu’à l’époque où elle a eu ses fils, aujourd’hui ados ou adultes, on n’accordait pas de retrait préventif aux infirmières qui travaillaient en milieu hospitalier. Debout dans l’autobus avec sa bedaine, elle a entendu une femme âgée assise dire à sa voisine: “Si elle est assez folle pour aller travailler, elle peut bien rester debout.” On a ri.

Et vous, des anecdotes?

8 réflexions sur “Bedaine et STM

  1. Moi, à ma première grossesse, c’était l’été où les hauts taille empire étaient à la mode… Inutile de dire que ma bedaine paraissait plus ou moins (surtout qu’elle n’était pas énorme).

    Ça a pris trois stations de métro à une dame pour décider que j’étais enceinte et me céder sa place. Je pense qu’elle avait peur de faire un faux pas et de céder sa place à une obèse. Mignon, quand même…

    Sinon, revenir d’un après-midi à attendre à la clinique GARE et se retrouver debout, enceinte de 40 semaines, dans le métro après avoir laissé passer deux rames, je trouve ça plutôt moyen. Si j’ai une troisième grossesse, je ne me gênerai pas pour demander aux gens de se lever… =)

  2. Je me souviens qu’à mes 2 premières grossesses, j’avais un peu honte de couper la file à la caisse quand c’était trop long et/ou trop lourd. Ou un peu honte de “faire proéminer” mon ventre dans les TC, je me disais que je pouvais bien endurer.
    Ben je te garantis que pour celle-là, je ne vais me priver de rien. ;)
    (et le coup de laisser sa place, c’est encore pire en France)

  3. pour ma 1ere grossesse, je n’osais pas trop demander aux gens de se lever, à la 2e beaucoup plus ! Il y a eu quelques ” Excusez moi, mais je suis certainement beaucoup plus enceinte que vous” à des jeunes mecs trop occupés à écouter leur musique pour s’apercevoir de la baleine à côté d’eux !!! Bon, j’ai eu aussi une grosse prise de bec avec un type qui me bousculait dans un métro bondé, j’ai fini par engueuler tout les personnes assises qui avaient eu la politesse de regarder ailleurs quand je suis montée dans la rame. J’étais doublement prioritaire : enceinte de 8 mois et ma fillette de 3 ans sous le bras (et quelques hormones en ébullition …)

  4. @Sophie-du-Québec: C’est vrai que c’est un peu gênant. L’embonpoint de certaines personnes (“de type pomme” vs “de type poire”) peut parfois semer a confusion. Et la taille empire, ça n’aide pas! Ce qui est vraiment winner, c’est le chandail moulant avec un sac à dos qui comporte une sangle de support dorsal qui s’attache en avant (je ne sais pas comment l’expliquer autrement. En tout cas, ça ne laisse pas de doute.)

    @Sophie-la-Française: Demander toi-même aux gens de se lever? Ça prend du cran. C’est peut-être culturel, aussi. Au Québec, (c’est un cliché un peu grossier, mais) on s’excuse presque de devoir demander quelque chose à un inconnu. Même à un ado flanc mou.

    @Dodinette: Couper la file à la caisse? Quelle bonne idée! Je n’y ai même pas pensé! :-) Sans doute tes origines françaises ;-) (oh la la, le préjugé grossier!)

  5. Je n’ai jamais pris le transport en commun avec ma bédaine. Mais je me souviens très bien du malaise quand je suis retournée au boulot après mon congé de maternité… enceinte de sept mois de ma 2e. Les collègues étaient au courant évidemment, mais plusieurs autres personnes n’osaient pas m’en parler, craignant que je sois juste restée grosse :-D

  6. Marâtre, c’est pas une question de culture (demander aux gens de se lever), c’est qu’en France, PLUS PERSONNE ne se lève quand une bedaine monte dans le bus… :’(

  7. Je ne prends pas les transports en commun tous les jours, mais tout au long de ma grossesse (j’en suis à 8 mois et demi), j’ai ressentie une dualité… D’un côté, des gens super gentils qui se précipitent pour me laisser leur place, et de l’autre les ignorants… Ceux qui, malgré une bédaine à trois pouces de leur face, regardent dehors même s’ils sont assis dans un siège réservé avec un icone comme la grosse madame devant eux!
    Et je dois avouer que selon mon expérience, les pires sont les jeunes femmes… Elles ne laissent pas leur place et ignorent complètement le fait que rester debout dans l’autobus à 7 mois de grossesse, ça peut être dangereux, autant pour elles que pour la baleine.
    J’ai été très frustrée par moment et épatée à d’autres…

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