Granole: adj. inv. (de granola: muesli composé de céréales, de noix et de graines) Qui pratique un mode de vie bio, écolo, près de la nature et tout le tra la la. L’expression « granole » apparaît pour la première fois au Québec dans les années 1970. Il servait principalement à désigner, avec un peu de mépris, les hippies qui vivaient en marge, dénonçant la société de consommation et pratiquant le végétarisme (d’où le lien avec le granola). Aujourd’hui, c’est une façon taquine de caractériser quelqu’un (ou de s’auto-caractériser comme quelqu’un ) qui est « vert » dans son alimentation, ses choix de consommation et le reste.
Certains commentaires de mon dernier billet m’ont fait réfléchir.
“Ben là, t’étais déjà pas mal granole avant!”
“Ah oui? J’étais granole, avant?”
Bon d’accord, un peu granole. Mais tout le monde est un peu granole, non? Par tout le monde, je veux dire tout le monde un tant soi peu informé se rend compte qu’il est de bon ton, de nos jours, d’avoir une conscience environnementale, de prendre soin de soi et de sa planète, de consommer moins, de revenir à l’essentiel et bla bla bla. Non?
Mais quand Chum/papa s’est exclamé en voyant sa petite fille “habillée comme une étudiante en musique de McGill” (avec ses pantoufles Padraig et ses jambières multicolores tricotées par mouuuuah, avec l’écharpe de portage verte et rose qui traînait à côté d’elle), là, j’ai fait comme genre une prise de conscience. Non sans d’abord avoir rué dans les brancards un petit instant, d’autant plus que la dépression me rendait hyper-sensible au jugement d’autrui (“Chéri, ARRÊTE de dire que je suis une granole, bou-hou-hou…”). Après m’avoir assurée qu’il m’aimait non seulement “malgré”, mais un peu aussi “à cause de” ma granolitude, j’étais rassurée et j’ai commencé à arrêter de me cacher pour vivre selon mes principes de granole.
Le problème, c’est que ceux que je qualifiais de granoles, avant, je l’avoue, je les admirais un peu. Comme si c’était un idéal à atteindre et que, bien sûr, je n’atteindrais jamais, moi, éternelle victime de mes vices liées à la surconsommation, à la suralimentation, à la surproduction de déchets et tout et tout. Je les admirais, mais en même temps, on l’avouera sans peine, il y a des ayatollahs parmi les granoles. “Comment? Tu as sevré ton bébé? Tu utilises des couches jetables? Tu ne donnes pas de purée bio? En tout cas, moi, je pratique le cododo, le portage et l’hygiène naturelle et c’est tellement merveilleux que je ne comprends pas que tout le monde ne fasse pas comme moi.”
Je ne veux pas être une de ces ayatollahs. Je ne veux convaincre personne que ce que je fais est “mieux”. C’était là une de mes réticences à m’avouer granole. Je ne suis pas militante: je veux simplement faire ce qui me semble “normal” à moi. Sans flasher. Mais sans me cacher non plus. Sans vouloir être dans une catégorie “à part”. J’ai donc arrêté de m’en faire avec les qu’en-dira-t-on. M’assumer, comme on dit.
Alors je m’assume, je fais des choses – peut-être – farfelues comme:
- Porter mon bébé en écharpe sur le dos pour se promener. Ça la garde heureuse et je peux prendre la poussette pour mettre mes courses dedans. (Mais je vous avoue que mettre un bébé sur le dos en plein coeur du marché Jean-Talon, là où il y a les tables de pique-nique, ça attire les regards. Ça me gêne un peu.)
- Donner de la tisane froide à boire dans un gobelet. Mes BF refusent, il est trop tard pour eux, mais Bébé fille ne rechigne pas. Et pour les gars, ne leur dites pas, j’en mets dans la soupe.
- Prendre des lingettes lavables. C’est moi, ou les lingettes jetables, en plus de contenir du Sodium Lauryl Sulfate, ça laisse de petits “mottons” de papier?
- Partir en croisade contre la crème solaire commerciale. J’aurai d’ailleurs bientôt un projet collaboratif à vous proposer pour trouver le meilleur rapport qualité-prix dans les crèmes solaires recommandées par le groupe EWG
Et cetera. En fait, je pense que je ne suis pas encore revenue du fait que je suis une granole. Mais bon. Je vais méditer là-dessus pendant que je cuisine mon granola. Si vous insistez, je peux vous donner la recette. Il y a aussi des chances que j’écrive d’autres billets granoles dans les prochains mois. Je m’excuse presque d’avance.
Eh ben, je suis une granole moi aussi et j’le savais même pas!
Vive le granola! (c’est si bon dans du yogourt BIO/fait maison hahaha!)
J’adore le mot “granole” et j’aime ta façon d’être bio, maternante et farfelue !
J’Adore ta sortie du “garde-robe”. S’assumer granole mais aussi fervente de “l’attachment parenting” ça prend un peu de courage… surtout parce que le mélange maman et granole peut agacer plus d’une personne. Tu me fais penser à mon amie Joanna ( rencontrée grâce à la blogosphère) Voici son blog : http://matteovoyage.canalblog.com/ Ok, elle c’est du granole puissance 20, mais ses archives contiennent des billets tellement intéressants et enrichissants…
Puisque tu t’es presque excusée, considère-toi comme déjà presque pardonnée
.
Ecrire n’a de sens que lorsqu’on le fait sur les sujets qui nous intéressent sur le moment. Ce sera donc sûrement très intéressant de lire ce que tu voudras partager avec nous à ce sujet. Je n’aime pas quand on essaye de me “vendre” quoi que ce soit, même s’il s’agit d’une attitude écolo, je me braque et m’en vais voir ailleurs. Mais faire comme on veut, sans vouloir convaincre son entourage qu’on a raison, me semble être la plus saine des attitudes.
Je ne connaissais pas l’expression. Je pensais que ça voulait dire gognol comme dans le sketch de Pierre Palmade ou guignol, timbré quoi…
Gragnole, c’est donc hippy-chic, bohème, écolo. Je me reconnais dans ce retour à la nature, je crochète, je regarde où ont été fabriqués les vêtements que l’on m’offre. Je n’achète que des trucs déjà portés. Je cuis tellement de légumes que je ne sais même plus reconnaître une coquillette quand j’en croise une à la cantine. Ca a de sales effets secondaires quand même la maternité ! Vivent les billets granoles !
ps : je suis la seule à avoir envie de voir une photo des chaussures et des jambières ?
Bises virtuelles
heheee c’est moi ça la granole puisse 20!!!
J’adore ton post, j’aime ton humour empreint d’autodérision! je vais m’empresser d’en lire plus sur ton blog.
Et oui tu as tellement raison, il faut tellement faire gaffe à ne pas devenir un ayatollah preacher… je travaille fort là dessus, car c’est pas tjrs évident qd on trouve qqch génial formidable extraordinaire et qu’on a l’impression d’avoir fait la découverte du siècle de ne pas en parler à tt le monde avec tant d’enthousiasme que ça peut parfois être too much…
j’apprends à respecter qu’il n’y a pas qu’une bonne façon de faire, qu’il y en a autant qu’il y a de parents!
merci de me le rappeller, je ne veux tellement pas être une ayatollah!
A plus
Joanna